Dur dur la reprise

Le début de saison ayant été chaotique avec un enchainement de blessures, l’enduro de Chaumont devait être ma première course de reprise. Au programme 2 tours avec 3 spéciales et un CH serré dégressif.

Arrivée à Chaumont à la bourre, « dur la vie de père de famille », Fredo a assuré comme un chef en préparant ma moto et en passant les contrôles à ma place. Nous retrouvons directement des potes et direction la reco des spéciales. La SP1 est toute en simplicité, avec un bon pré à vaches banderolé, la SP2 prend la forme d’une ligne, pas compliquée mais longue et avec de fréquents changements de terrain, on alterne sous-bois et prés, quelques racine et pierres sont là pour rappeler la nécessité d’une vigilance de tous les instants. La SP3 était annoncée comme typé xtrem, en fait rien de dur dans cette spéciale, principalement du pré avec des passages en sous-bois avec descentes, dévers et montées.

Hop, direction le camping pour le montage des tentes et on s’enfile un bon couscous en ville (merci Philippe H.). La nuit est calme et réparatrice, même si les douleurs dans les côtes ne font pas bon ménage avec le dodo sous la tente…

Après le petit dèj et la préparation de l’assistance nous retrouvons le parc. Le stress n’est pas trop présent mais la chaleur commence déjà à chauffer les casques. Heureusement on a prévu large en boissons.

Départ cool par la route, les temps sont annoncés larges. Très rapidement le terrain glissant me fait regretter les pneus usés, les pierres blanches pavent certaines grimpettes, j’essaie vainement de suivre la cadence de Fredo mais je suis totalement largué. Impossible d’accrocher un rythme. Les CP se suivent mais la situation ne s’améliore pas franchement. On arrive dans une première zone bien technique que les organisateurs ont judicieusement réservée aux L1 et L2. Ça bouchonne pas mal, mais je m’en sort finalement plutôt bien et sans recourir à l’aide extérieure. On arrive à un CP où à nouveau le tracé est scindé en deux, un coté pour nous L1/L2 et un autre pour les L3.

Encore des pierres, c’est assez technique et surtout ça tape dans les bras. heureusement après quelques centaines de mètres on retrouve le circuit commun qui est quand même largement plus roulant. La spéciale 1 se présente, après quelques virages je reprends du plaisir à mettre du gaz, j’enchaine par contre les erreurs d’appréciation et j’ai du mal à trouver le grip dans ce terrain pourtant génial. Bien classiquement je loupe ma sortie de spéciale en tapant la roue avant dans un piquet, cela devient presque une habitude, heureusement je relève la moto tout de suite et limite la casse niveau chrono.

Je pensais le CH plus proche de la spéciale, je prends donc mon temps pour le rejoindre et y arrive avec moins de 5 minutes d’avance. Le plein, un coup d’eau, un rapide échange de points de vue avec les potes et je pointe. Le CH2 se passe beaucoup mieux, pas de bouchons où presque, à part sur une montée courte mais raide où Philippe B. bloque sa 450. Je prends donc de temps de bien m’aligner, ignorant volontairement le conseil d’autres pilotes qui se préparent à prendre leur élan dans les racines ou dans un virage. La 300 fait face à la pente, j’enclenche la première et hop d’un grand coup de gaz le suis en haut. La spéciale approche, mais histoire de bien nous chauffer on s’enfile un p’tit bout de technique bien usant avant le départ. Je laisse partir quelques énervés dans la spéciale et m’y élance enfin. Dès le début je me traine, j’enroule cool absolument pas dans l’état d’esprit nécessaire pour faire un chrono, malgré cela je remonte un pilote qui était parti avant moi dans une partie étroite et sinueuse. Il refuse de s’écarter et n’étant pas d’un naturel agressif je laisse couler jusqu’au moment où j’entend le bruit de la 450 de Philippe B. parti après moi. Heureusement cela concorde avec un passage un peu plus large où nous arrivons à doubler en toute sécurité, il me redonne un coup de boost et nous terminons la spéciale ensemble.

Je le laisse filer et reprend mon faux rythme. Cela me permet quand même d’arriver au ravitaillement avec quelques minutes d’avance. Le temps de faire le plein de tenter de manger un peu. Le ch suivant est annoncé comme serré, je laisse donc partir Fredo devant pour ne pas le bouchonner. L’objectif est de ne pas me bloquer, cela se passe bien, je laisse passer Phil H. qui me remontait rapidement, puis en entendant une bande de furieux derrière moi je m’écarte un peu trop pour les laisser passer. C’est Jean-Christophe (vainqueur du jour en L2) et Nicolas qui passent en me remerciant, je sais que Dany est juste derrière eux, je reste donc à l’arrêt le temps de le laisser passer. Il me percute malheureusement, je perds donc l’équilibre et pas mal de secondes pour reprendre la piste. Bilan je pointe avec 27 secondes de retard, donc une minute de pénalité.

A l’entrée de la SP3 je regarde Fredo et Phil H. s’élancer à la chasse au chrono, je laisse passer les furieux et hop c’est à mon tour. Le début de la spéciale est nickel, la descente va très bien avec une trace visible et sure, idem pour la remontée et la boucle dans la prairie du bas. Ça remonte bien mais dans la dernière descente j’arrive sur un pilote couché dans le virage, en l’évitant je recoupe trop le virage et surtout me retrouve sans élan. Et paf la chute en spéciale. Le temps de remonter sur la moto et de me remettre en ligne j’y laisse bien 30 secondes.

Voila le premier tour est terminé, j’ai un minute de pénalité mais pas de douleurs particulières. J’attaque donc le second tour sans prendre le temps de souffler, je roule doucement pour préserver mes forces, les crampes apparaissent au fur à mesure que la lucidité disparait. Dans une grimpette glissante je retrouve Phil B. en perdition, la zaberg refuse de démarrer. Dès qu’elle craque elle cale. Après quelques minutes je l’abandonne lâchement à son triste sort (heureusement après avoir changé de bougie il rejoindra le parc sans encombres). Pour moi c’est plus dur, même en séchant la terre n’est pas devenue moins glissante, je souffre dans les parties techniques, j’ai des frissons et des crampes. C’est avec une grande joie que je vois arriver la SP1, joie rapidement ternie par le passage d’une ambulance évacuant un pilote. Je fais donc la spéciale avec des crampes persistantes dans les cuisses et me dirige tout de suite vers la suite du ch pour rejoindre le ravitaillement. Je tombe plusieurs fois sans raison apparente, j’avance au ralenti. Arrivé au ravitaillement je retrouve l’assistance, Phil H. est passé mais pas Fredo, l’inquiétude monte car il était entre Phil et moi. Je ne l’ai pas vu stoppé. Je vais donc voir la table de pointage qui tout en enregistrant mon temps (17 minutes de retard supplémentaire) me confirme que Fredo n’est pas passé.

Je pose la moto et reste à l’assistance pour l’attendre. Au moment où l’assistance va quitter le CH pour aller ravitailler Phil H. toujours en course le téléphone sonne et nous annonce que Fredo a loupé le CH. Il est à la SP2, entier mais dégouté de cette erreur. Rassuré je prends la direction du parc coureur où je le retrouve pour partager nos désillusions autour d’une saucisse grillée.

C’est encore plus dur pour lui, car il avait le bon rythme, des temps en spéciale très corrects et surtout il avait pointé à l’heure partout. Il pouvait donc légitiment compter marquer des points. Pour moi le résultat marque surtout le manque de roulage rapide. Quand j’ai enfin trouvé mes marques je n’avais plus la force de continuer en sécurité. Je suis content d’avoir roulé à Chaumont, car dans 3 semaines la saison continue avec un gros morceau Moirans-en-Montagnes et son enduro réputé pour sa difficulté.

2 commentaires
  1. humbert jean lou
    • fredo

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