Enduro de Vagney 2018 – le week-end qui fait mal

Autant l’avouer tout de suite, je n’ai pas été à la hauteur du rendez-vous. Le week-end a pourtant bien commencé avec une belle météo, un tracé annoncé technique et un parc coureur bien pratique.

Le briefing du président annonce la couleur, la course devrait être courte mais très intense. Plusieurs passages qui piquent sont à prévoir.

La nuit est agitée, entre l’éclipse de lune, les orages et les voisins campeurs un peu bruyants je me retrouve debout à 5 heures. 
Direction le parc pour retrouver Vincent, on arrive à s’installer idéalement, ce qui est l’un des énormes avantages des assistances fixes.

Les départs sont donnés, les nuages annoncés sont peu présents, laissant place à une chaleur humide qui s’impose à moi dès la sortie de la moto du parc. Nous sommes 3 sur la ligne avec Vincent qui ne va pas me lâcher du week-end et Joerg qui va rapidement nous laisser sur place en roulant efficacement. Première liaison pour rejoindre la SP1, effectivement après quelques minutes, comme annoncé au briefing, on pense bien fort au président… 

Pour moi c’est compliqué, partir à froid comme ça me tape dans les bras et épuise les réserves de condition physique. Nous roulons depuis moins de 30 minutes et je suis déjà carbonisé. En bonus je me fais percuter par une moto en perdition au sommet d’une grimpette puis à nouveau par la même mais avec pilote cette fois-ci dans un virage en dévers, relever la moto tombée dans le trou pompe le peu d’énergie qui reste. Heureusement Vincent reste avec moi, cela me motive et j’essaie de prendre un rythme pour ne pas trop le ralentir.

Arrivés à la SP1 je laisse passer quelques motos pour reprendre du souffle et me lance dans ce qui va au fil du week-end devenir un champ d’ornières en tous genres. Départ soft, de toutes façons je ne suis pas en état de rouler autrement. Dans les premières parties roulantes je prends de l’assurance et un peu de plaisir. Les sous-bois sont sacrément sympa mais demandent une vigilance permanente. Premier passage technique et hop un pilote en perdition, le temps de reculer pour repartir proprement un clampin plus futé que la moyenne se jette dans la trace et bloque tout pendant de longues, très longues secondes. C’est enfin à mon tour et j’attaque le reste en mode liaison ++, le but n’est pas de rouler vite mais de limiter la casse et les dépenses d’énergie. La petite Yam est royale d’efficacité et de douceur, elle me trace et compense souvent mes trajectoires aléatoires et mes erreurs de rapports. Malgré mon mode escargot je double quand même des pilotes en perdition dans les grimpettes ou descentes. Les marshals ont du boulot et auront bien mérité notre reconnaissance.

Sortie de la SP1, enfin quelques instants pour respirer et boire. J’arrive même à tomber à pied en allant récupérer mon sac…. 

Nous reprenons la liaison avec à nouveau de belles grimpettes qui serpentent sur des traces fraiches, cela bouchonne peu mais les occasions de se détendre les bras sont rares. Une bonne descente bien cassante se charge de nous garder bien chauds avant l’arrivée à la SP2.

Le sol de béton est encore humide par endroits, on nous annonce que pour cause d’accident le secteur hard est interdit, cela à au moins l’avantage d’éliminer les hésitations. Départ doux sur le sol glissant, puis je me mélange dans les rapports et n’arrive pas à prendre de la vitesse dans l’herbe (enfin dans les trous avec un peu d’herbe). Passage en sous-bois simple et efficace, je prends l’option soft pour contourner un bouchon. Vincent parti après moi me dépasse dans une partie un peu plus rapide, je ne vais plus le revoir par la suite. Le pilote devant moi part à la faute sur le saut, cela calme mes dernières ardeurs et je joue la sécurité. Troncs et pneus passent en douceur, idem pour la petite marchette qui nous remonte sur le béton, je roule sur des oeufs en étant incapable de sentir le grip et c’est avec soulagement que je sors de la spéciale sur les roues.

Il nous reste peu de temps pour pointer mais heureusement la liaison entre SP1 et CH1 est plus roulante, bien sur on va trouver de la pente, des pierres et des racines mais s’en est presque reposant. Il y a pas mal de chemins blancs, pistes rapides et même un peu de route imposée au club par les contraintes environnementales.

Un peu d’essence, quelques fruits et barres pour recharger les pilotes et hop c’est partir pour le second secteur. Il est annoncé technique et usant, ce n’était pas une vue de l’esprit. Plusieurs longues montées sont transformée en slalom entre les motos arrêtées. Tout va à peu près bien jusqu’au moment où je prend un coup. Passant à coté d’une moto plantée dans la pente alors que le pilote tente de sortir sa moto à grand coups de gas. Non seulement il balance des pierres sur ceux qui suivent mais en plus il perd le contrôle et sa roue termine sur mon guidon, m’écrasant au passage la main gauche. 

Jouant de la douceur de la Yam je repars dans la pente et récupère en attendant Vincent au sommet. La suite de la liaison est une succession de passages plus ou moins techniques mais tous usants. Je ne prend aucun plaisir à rouler et je pars souvent à la faute cramant encore un peu plus d’énergie pour relever la moto.

Vincent me pousse et me motive, c’est grâce à lui que je rallie le CH. Mais la raison l’emporte sur la motivation et je décide de jeter l’éponge en le laissant repartir seul dans le dernier tour.

J’ère dépité en regardant les pilotes réparer ou même recharger les motos. Ne voulant pas totalement abandonner, après un rapide tour de vérification et un plein je rentre la moto au parc pour repartir le dimanche.

A la fin de son second tour Vincent arrive, pendant qu’il fait sa mécanique je vais au camping démonter la tente, car si en plus de la fatigue j’ajoute une nouvelle mauvaise nuit ce sera la catastrophe. 

Le samedi à Vagney s’achève sur un tour à la buvette avant de reprendre la route pour la maison où une bonne douche m’attend ainsi qu’un lit confortable. 

Dimanche 7h petit-dej et hop sur la route de Vagney. Malgré les abandons Le parc est un peu plus chargé que la veille mais on trouve des places bien situées.

Nous partons quasiment sur les mêmes temps que la veille, avec un départ une minute plus tôt. Donc pas la peine de refaire les temps, c’est toujours ça de gagné.

Le début de liaison est bien marqué des passages, mais étrangement cela roule globalement mieux que la veille. Les traces sont faites et cela ne bouchonne pas. Bien sur cela ne va pas m’empêcher de poser le pied dans un trou du mauvais coté de la pente et de me retrouver coincé sur la moto. Heureusement Kilian est juste derrière moi et il me sort de ce mauvais pas. Nous arrivons à la SP1 où je me lance encore plus prudemment que samedi, je ne peux quasiment pas freiner de l’arrière et encore moins prendre appui sur mon pied droit, c’est donc en mode sécurité que je fais la spéciale. Le chrono ne va pas mentir, car sans bouchons ni attente je passe quand même une minute de plus que le samedi entre les cellules. 

Encore un peu de liaison pour se reposer, mais en fait non car c’est toujours usant donc on arrive encore plus entamés à la SP2.

Pas de départ par le hard pour moi, je veux juste rentrer à la maison… Un petit coup de mieux dans l’herbe où je mélange moins les rapports de boite, je remonte même un peu sur Vincent parti avant moi, malheureusement en tentant la trace courte par le secteur hard je perds du temps et de l’énergie. Je termine donc la spéciale en mode sage, évitant sauts et cabrioles.

Nous avons décidé de concert de finir notre CH et d’arrêter la course. C’est donc un peu dépités mais entiers que nous chargeons les motos avant le traditionnel tour à la buvette. 

Pas beaucoup d’images pour cause de prototype de support un peu fragile.

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